Neurodivergence
Qu’est-ce que la neurodivergence ?
La neurodivergence est un terme large utilisé pour décrire les personnes dont le cerveau fonctionne, apprend et traite l’information différemment de ce qui est considéré comme “neurotypique” (la moyenne statistique). Le concept est né à la fin des années 1990, inventé par la sociologue Judy Singer, pour faire passer le discours d’un “modèle médical” (réparer ce qui est cassé) à un “modèle social” (accommoder différentes façons d’être).
C’est un terme générique qui inclut :
- Trouble du spectre de l’autisme (TSA)
- Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH)
- Dyslexie (difficultés de lecture)
- Dyscalculie (difficultés en mathématiques)
- Synesthésie (sens croisés)
- Douance (QI extrêmement élevé)
Le lien avec une intelligence élevée
Dans le contexte de la recherche sur le QI, la neurodivergence est un sujet critique car une intelligence élevée s’accompagne souvent d‘“hyperexcitabilités” ou d’un câblage neuronal atypique.
- La corrélation du “Génie fou” : Historiquement, de nombreuses personnes ayant un QI exceptionnellement élevé présentaient des traits de neurodivergence. Par exemple, Nikola Tesla avait de graves tendances obsessionnelles-compulsives, et Albert Einstein n’a pas parlé avant l’âge de quatre ans (un trait parfois associé au “syndrome d’Einstein” ou à l’autisme de haut niveau).
- Double Exceptionnalité (2e) : Il s’agit d’une classification formelle pour les étudiants qui sont à la fois intellectuellement doués (QI > 130) et ont un handicap comme le TDAH ou la dyslexie. Ces personnes sont souvent manquées par les systèmes scolaires car leur QI élevé leur permet de compenser leur handicap, ce qui entraîne des notes moyennes mais une immense lutte interne.
- Syndrome du savant : Une condition rare où une personne ayant des handicaps mentaux importants démontre certaines capacités bien supérieures à la moyenne, souvent liées à la mémoire ou au calcul. Bien que tous les savants ne soient pas autistes, le chevauchement est significatif (environ 50 %).
Perspective évolutive
Pourquoi ces variations survivent-elles à l’évolution si ce sont des “troubles” ? La Théorie de l’inadéquation évolutive suggère que des traits comme le TDAH étaient très avantageux dans un environnement de chasseurs-cueilleurs.
- TDAH : Le balayage “hyperactif” de l’environnement et le changement rapide d’attention sont un super-pouvoir de survie pour un chasseur surveillant les prédateurs ou les proies. Ce n’est un “trouble” que lorsqu’il est placé dans une salle de classe moderne et sédentaire.
- Autisme : La concentration intense sur les systèmes, les motifs et les détails (systématisation) aurait été cruciale pour la fabrication précoce d’outils, le suivi des conditions météorologiques ou la catégorisation des plantes.
Conclusion
Reconnaître la neurodivergence est essentiel pour une évaluation psychométrique précise. Un test de QI standard pourrait pénaliser une personne autiste pour des questions de compréhension sociale ou une personne atteinte de TDAH pour des tâches de mémoire de travail, ne parvenant pas à saisir son véritable potentiel de raisonnement. L’avenir de la recherche sur l’intelligence réside dans la compréhension de ces différents “systèmes d’exploitation” plutôt que de simplement mesurer la vitesse de traitement brute.